Des milliers voire millions de personnes quittent leur pays à la recherche de meilleures conditions de vie, ou à la recherche d’une protection internationale (Wenden 2009 : 25- 36). La mobilité humaine a façonné l’histoire de l’humanité et ceci depuis de siècles mais, depuis les Années 90, avec les nouvelles politiques migratoires adoptées par plusieurs États et d’organisations internationales consistant à limiter la migration légale et à contrôler les frontières, des ressortissants de pays producteurs de migrants empruntent la voie de l’immigration irrégulière (Atak 2011 : 3). Ces parcours terrestres, maritimes ou mixtes sont dangereux pour ces hommes et ces femmes qui tentent l’aventure vers l’Europe, par exemple, en passant par des pays de transit comme la Lybie, le Maroc, entre autres (Organisation internationale pour les migrations, 2017).

Dans ce contexte de mobilité contrôlée ou réduite, des fortes résistances sont observées dans les populations d’accueil, rendant encore plus complexe la gestion des migrations et limitant fortement les possibilités d’une solution juste et équilibrée qui répond aux attentes du migrant, des États (départ, transit et d’accueil), des populations locales, bref de tous les acteurs–trices.

En outre, les migrations alimentent des réflexions riches et diversifiées dans la mesure où elles sont largement traitées dans la littérature mais les solutions préconisées n’apportent guère une meilleure protection de certaines populations. L’on observe une forte croissance du nombre de morts et de disparus dans la Méditerranée (Crépeau 2013 ; OIM 2014), et les nouvelles routes exposent les migrants, les demandeurs d’asile à des pratiques de tortures, traitements inhumains et dégradants pendant tout le long de leur parcours (Organisation internationale pour les migrations découvre des marchés aux esclaves qui mettent en péril la vie des migrants en Afrique du Nord 2017). À cela s’ajoutent, l’absence de données fiables sur les migrations internationales et le manque de plateforme agrégeant les chercheurs-ses, les experts-es, les institutions universitaires, les acteurs privés, les immigrants – es afin de favoriser la recherche des causes réelles de cette mobilité et de ses conséquences suivant une approche participative.

L’analyse de la mobilité humaine requiert une approche globale et inclusive permettant d’identifier les réelles causes des migrations transnationales et internationales et la portée de la migration dans ses aspects démographique, économique, sociale, juridique, politique et culturelle aussi bien dans ses dimensions micro que macro. Ce qui nécessite forcement une orientation denos réflexions sur les migrations forcées. Plus de 70 millions de personnes sont à la recherche de protection internationale selon le Haut – Commissariat des réfugiés (HCR) qui énonce des chiffres records de déplacements de populations dans le monde (HCR, 2021). La diversité des profils et des facteurs explicatifs de cette mobilité forcée renforce cette nécessité d’étudier l’asile sous toutes ses formes et l’apatridie.

Des guerres, des conflits, des conditions économiques défavorables, des enjeux environnementaux déplacent des populations voire des pays entiers à la recherche d’une protection internationale. Face à des résistances assez perceptibles de certains États à octroyer l’asile, les besoins continuent de s’accroitre en termes de protection humanitaire et internationale dans le monde. À cela s’ajoute l’émergence de nouveaux motifs visant à bénéficier de l’asile dont la communauté internationale ne parvient pas à proposer des solutions efficaces, justes et durables alors même que plus de la moitié des réfugiés dans le monde vivent dans des pays du Sud.

Enfin, les conditions de déplacements des apatrides et leur protection constituent une question majeure dans la mesure où l’absence de reconnaissance de ces populations par les administrations, rend leur situation plus vulnérable et préoccupante. Le phénomène de l’apatridie intéresse toutes les régions du globe et doit mobiliser des recherches appuyées sur le terrain afin d’y apporter des pistes de solutions.

Afin de répondre à ces enjeux, l’Observatoire a été mis en place . L’OMIRAS est un projet modeste dans la mesure où il est porté par de jeunes chercheurs-ses Africains-es et Canadiens – nes et des citoyens du Monde, ayant pour but de contribuer à l’analyse de la question de la mobilité dans tous ses aspects afin de proposer des solutions concrètes et efficaces aux différentes problématiques liées à la migration, au refuge et à l’apatridie.

L’Observatoire a pour mission principale de mettre en place une participation innovante d’une équipe pluridisciplinaire dans la recherche de solutions sur les questions migratoires spécifiquement: la migration économique, la migration irrégulière, le développement, l’intégration professionnelle, la protection des réfugiés et des apatrides dans tous les pays impliqués dans ces processus, sous une triple dimension :

  • Étude inclusive des migrations dans ses dimensions transnationales

  • Réflexion critique de la protection des réfugiés, sur le régime général d’asile

  • Analyse ciblée sur l’apatridie et l’état actuel de la protection des apatrides

Détail sur les axes