Contexte

Des milliers voire millions de personnes quittent leur pays à la recherche de meilleures conditions de vie, ou à la recherche d’une protection internationale (Wenden 2009 : 25-36). Mais, depuis les Années 90, avec les nouvelles politiques migratoires adoptées par plusieurs États et organisations internationales dont l’Union européenne, consistant à limiter la migration légale et à contrôler les frontières, des ressortissants de pays en voie de développement empruntent la voie de l’immigration irrégulière (Atak 2011 : 3). Ces parcours terrestres, maritimes ou mixtes sont dangereux pour ces hommes et ces femmes qui tentent l’aventure vers l’Europe, par exemple, en passant par des pays de transit comme la Lybie, le Maroc, entre autres (Organisation internationale pour les migrations, 2017).

Dans la mesure où ces politiques migratoires actuelles se fondent de plus en plus sur le paradigme sécuritaire au détriment des droits fondamentaux des personnes (Bigo 2004 : 61-92), plusieurs défis se posent en droit international public et en droit international des droits de la personne dont l’un des plus importants se trouve être l’absence de données fiables sur les migrations internationales. En fait, les ressources existantes dans le continent se limitent à rechercher des solutions à ces problématiques alors qu’il n’est pas possible de chiffrer ni d’identifier les personnes concernées par ce phénomène et cela limite fortement la réalisation de leurs objectifs (Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, : « Observations finales concernant le rapport initial du Maroc, adoptées par le Comité à sa dix-neuvième session (9-13 septembre 2013), CMW/C/ MAR/CO/1, paragraphe 5 d» et Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, « Examen des rapports soumis par les États parties en application de l’article 73 de la Convention, selon la procédure simplifiée d’établissement des rapports 24 mars 2016 paragraphe 161 ») .

En outre, la littérature a presque épuisé la question car les migrations sont largement traitées mais les solutions préconisées n’apportent guère une meilleure protection des migrants car le nombre de morts et de disparus dans la méditerranée continue de s’accroitre (Crépeau 2013 ; OIM 2014), et les nouvelles routes exposent les migrants, les demandeurs d’asile à des pratiques de tortures, traitements inhumains et dégradants pendant tout le long de leur parcours (Organisation internationale pour les migrations découvre des marchés aux esclaves qui mettent en péril la vie des migrants en Afrique du Nord 2017 ). À cela s’ajoute le manque de plateforme agrégeant les chercheurs-ses, les experts-es, les institutions universitaires, les acteurs privés, les immigrants –es afin de favoriser la recherche des causes réelles de cette mobilité et de ses conséquences suivant une approche participative.

Donc, chercheuse et spécialiste des migrations internationales et du droit des réfugiés, depuis une dizaine d’années et actuellement candidate au doctorat en droit en cours de finalisation, dont le sujet porte sur la criminalisation de la migration et ses incidences sur les droits des migrants et des réfugiés dans leurs pays d’origine ou de transit, j’ai proposé quelques pistes de solutions.

Résultat de ma thèse de doctorat en cours de finalisation, l’Observatoire est un projet modeste dans la mesure où il est porté par de jeunes chercheurs-ses Africains-es et Canadiens-nes et des citoyens du

Monde, ayant pour but de contribuer à l’analyse de la question de la mobilité dans tous ses aspects afin de proposer des solutions concrètes et efficaces aux différentes problématiques liées à la migration, au refuge et à l’apatridie.

L’Observatoire a pour mission principale de mettre en place une participation innovante d’une équipe pluridisciplinaire dans la recherche de solutions sur les questions migratoires spécifiquement: la migration économique, la migration irrégulière, le développement, l’intégration professionnelle, la protection des réfugiés et des apatrides dans tous les pays impliqués dans ces processus, sous une triple dimension :

1— La prévention des migrations irrégulières et ses incidences sur les droits fondamentaux des migrants, des réfugiés et des apatrides ;

2 — L’analyse de la protection des droits des immigrants, des réfugiés et des apatrides dans les pays d’accueil;

3— Le retour des migrants irréguliers dans leur pays d’origine ou de transit.